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PRP pour les cheveux : ce que l'on sait, ce que l'on ne sait pas encore

Relecture médicale : à compléter avant publication médicale définitive. PourquoiMis à jour le 29 septembre 2026

En bref

Le PRP (plasma riche en plaquettes) consiste à injecter dans le cuir chevelu une préparation obtenue à partir du propre sang du patient. Dans l'alopécie androgénétique, plusieurs méta-analyses montrent une hausse moyenne de la densité capillaire par rapport au placebo, mais la méta-analyse de Kieling et al. (2024) juge ces preuves de faible qualité, et celle d'Umar et al. (2026) ne trouve pas d'avantage clair du PRP sur le minoxidil topique. Il n'existe pas de protocole standardisé. Le PRP peut se discuter pour certains profils, pas pour tout le monde.

À retenir

  • Le PRP est une préparation autologue : le sang du patient est prélevé, centrifugé, puis la fraction riche en plaquettes est injectée dans le cuir chevelu.
  • Les méta-analyses montrent un effet moyen favorable contre placebo, avec une forte hétérogénéité et des études de faible qualité (Kieling et al., 2024).
  • Face au minoxidil topique, aucun avantage clair du PRP n'a été retrouvé sur la densité (Umar et al., 2026).
  • Les effets secondaires rapportés sont surtout mineurs et temporaires : douleur locale, saignement, démangeaisons.
  • Nous ne recommandons pas le PRP à tout le monde : la cause de la chute et le profil comptent d'abord.
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Qu'est-ce que le PRP appliqué aux cheveux

Le PRP, pour plasma riche en plaquettes, est une préparation dite autologue : elle est obtenue à partir du sang de la personne traitée, puis réinjectée chez cette même personne. Le principe : séparer et concentrer la fraction riche en plaquettes, puis l'injecter dans les zones du cuir chevelu où les cheveux s'affinent.

Dans le domaine capillaire, le PRP a surtout été étudié dans l'alopécie androgénétique, la forme de perte de cheveux la plus fréquente chez l'homme comme chez la femme. C'est dans ce cadre que se situent les études citées dans cet article. Il ne s'agit pas d'un traitement de toutes les chutes de cheveux.

Comment se déroule une séance, en termes généraux

Les protocoles varient d'un praticien à l'autre, mais les grandes étapes décrites dans les études sont les mêmes :

  1. Prélèvement d'un petit volume de sang, comme pour une prise de sang classique.
  2. Centrifugation du sang pour séparer ses composants et isoler la fraction riche en plaquettes. Certaines méthodes utilisent une centrifugation simple, d'autres une double centrifugation.
  3. Injections de cette préparation dans les zones du cuir chevelu concernées.
  4. Répétition des séances selon un calendrier défini par le praticien, souvent avec un entretien ultérieur.

La méta-analyse de Gupta et al. (2019), après avoir analysé la variation des protocoles, propose 3 séances mensuelles suivies d'un entretien à 3-6 mois. Les auteurs présentent cette proposition comme leur interprétation des données, pas comme un standard établi.

La méta-analyse de Ghanem et al. (2025), qui compare centrifugation simple et double sur 3 essais randomisés (90 participants), n'a pas trouvé de différence statistiquement significative de concentration plaquettaire ni de densité capillaire entre les deux méthodes. Elle illustre surtout une réalité : il n'existe pas de protocole PRP standardisé. Le nombre de séances, leur rythme et la préparation elle-même changent d'une étude et d'un cabinet à l'autre.

Ce que disent les études

Le PRP capillaire a fait l'objet de nombreux essais, souvent de petite taille. Les synthèses disponibles vont globalement dans le même sens, avec des nuances importantes sur la qualité des preuves.

Principales synthèses sur le PRP dans l'alopécie androgénétique
ÉtudeTypeCe qu'elle montreLimite principale
Gupta et al. (2019)Méta-analyseDensité en faveur du PRP par rapport à l'état initial (différence moyenne standardisée 0,58) et au placebo (0,51)Protocoles très variables
Gentile et Garcovich (2020)Revue systématique, 12 essais84 % des études rapportent un effet positif ; 50 % une amélioration statistiquement significative sur des mesures objectives17 % des études concluent à une absence d'efficacité ; 34 % sans analyse statistique
Papakonstantinou et al. (2023)Méta-analyse, 11 essais randomisésHausse du nombre de follicules, de l'épaisseur et de la densité par rapport au placeboAmélioration décrite « chez des patients sélectionnés » ; protocoles à optimiser
Kieling et al. (2024)Méta-analyse d'essais randomisésDifférence moyenne de 27,55 cheveux/cm² contre placeboHétérogénéité très élevée (I² = 95,99 %), études de faible qualité, biais de publication
Umar et al. (2026)Méta-analyse, 9 essais, 451 participantsPas d'avantage clair du PRP sur le minoxidil topique ; satisfaction plus élevée sous PRPForte hétérogénéité entre études
Résumé fondé sur les abstracts publiés. Les chiffres ne sont pas comparables d'une étude à l'autre (mesures et durées différentes).

Le point le plus important vient de Kieling et al. (2024) : l'effet moyen est positif, mais les études sont si différentes entre elles, et de qualité si inégale, que les auteurs qualifient les preuves de faible qualité et demandent des essais mieux conduits. Un résultat moyen favorable ne dit pas si le PRP fonctionnera pour une personne donnée.

Chez la femme, la méta-analyse de Yuan et al. (2024), qui réunit 21 études et 628 participantes toutes formes de chute confondues, retrouve une hausse de la densité et de l'épaisseur capillaires, avec un effet qui variait selon le dosage, la durée des injections et l'origine ethnique. Pour une vue d'ensemble, voir la perte de cheveux chez la femme.

Du côté des recommandations, le consensus canadien de 2025 (méthode Delphi, 11 médecins, 45 interventions examinées) classe le PRP parmi les sept interventions recommandées pour l'alopécie androgénétique de l'adulte, aux côtés du minoxidil, du finastéride, du dutastéride et du microneedling. Il s'agit d'un avis d'experts, pas d'une nouvelle démonstration d'efficacité.

Pour qui le PRP peut-il se discuter

Les études portent sur des personnes atteintes d'alopécie androgénétique. Le PRP peut donc se discuter avec un professionnel lorsque :

  • la cause de la perte a été identifiée comme androgénétique, et non comme une chute diffuse passagère ou une pelade ;
  • la personne cherche une option en complément ou en alternative aux traitements de première intention, par exemple après des difficultés avec le minoxidil ;
  • les attentes sont réalistes : les synthèses parlent d'amélioration moyenne de la densité, pas de retour à la chevelure d'origine ;
  • le budget et le rythme de plusieurs séances sont compatibles avec la situation.

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Effets secondaires et limites

Selon la méta-analyse de Papakonstantinou et al. (2023), les effets secondaires rapportés dans les essais randomisés étaient mineurs et temporaires : douleur locale, saignement, démangeaisons. Chez la femme, Yuan et al. (2024) décrivent des effets indésirables généralement légers et transitoires.

Les limites tiennent surtout aux preuves elles-mêmes :

  • Pas de protocole standard : préparation, nombre de séances et intervalles varient (Ghanem et al., 2025 ; Gupta et al., 2019).
  • Hétérogénéité des résultats : certaines études ne montrent aucun effet (Gentile et Garcovich, 2020).
  • Qualité des preuves jugée faible et biais de publication probable (Kieling et al., 2024).
  • Pas de supériorité démontrée face au minoxidil topique sur la densité (Umar et al., 2026). Voir notre comparatif PRP ou minoxidil.

Le cadre réglementaire en Suisse

Selon l'aide-mémoire de Swissmedic sur les médicaments non standardisables (état au 1er juillet 2024), les « préparations plaquettaires à usage autologue ou allogénique » figurent dans la liste des médicaments non standardisables dont le procédé de fabrication est soumis à autorisation. Swissmedic a précisé que ce groupe remplace désormais, dans son aide-mémoire, les termes « plasma riche en plaquettes » et « fibrinogène riche en plaquettes » (modification publiée le 14.08.2024).

Le même aide-mémoire prévoit une exception lorsque plusieurs conditions cumulatives sont remplies, notamment une préparation dans la même pièce sous la surveillance directe du médecin traitant, un système fermé et une administration immédiate par le médecin ou un auxiliaire sous sa responsabilité. En pratique, cela signifie que la question « qui prépare et qui injecte » a un sens réglementaire : elle mérite d'être posée au praticien.

Combien coûte le PRP

Les tarifs varient selon le praticien, le nombre de zones et les forfaits proposés. Nous avons relevé les prix affichés publiquement par des cabinets et cliniques en Suisse, avec leurs réserves (grilles communes visage et cheveux, promotions expirées, forfaits). Le détail est dans notre page prix du PRP cheveux en Suisse, et le contexte local dans PRP cheveux en Suisse.

Questions fréquentes

Le PRP fait-il repousser les cheveux ?

Les méta-analyses montrent en moyenne une hausse de la densité capillaire par rapport au placebo dans l'alopécie androgénétique, mais avec des résultats très variables d'une étude à l'autre et des preuves jugées de faible qualité (Kieling et al., 2024). Il n'est pas possible de prédire l'effet pour une personne donnée.

Le PRP est-il plus efficace que le minoxidil ?

La méta-analyse d'Umar et al. (2026), qui compare directement les deux sur 9 essais randomisés, ne trouve pas d'avantage clair du PRP sur la densité ni sur le nombre de cheveux terminaux. La satisfaction des participants était en revanche plus élevée sous PRP.

Combien de séances de PRP faut-il ?

Il n'existe pas de protocole standard. Gupta et al. (2019) proposent 3 séances mensuelles puis un entretien à 3-6 mois, en précisant qu'il s'agit de leur interprétation des données. Le rythme se décide avec le praticien.

Le PRP est-il douloureux ?

Les effets rapportés dans les essais incluent une douleur locale, un saignement et des démangeaisons, décrits comme mineurs et temporaires (Papakonstantinou et al., 2023). Le ressenti varie selon les personnes et la technique.

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À lire ensuite

Sources

  1. 1.
    Platelet-Rich Plasma as a Treatment for Androgenetic Alopecia

    Gupta AK et al. · Dermatologic Surgery · 2019 · Méta-analyse

  2. 2.
    Systematic Review of Platelet-Rich Plasma Use in Androgenetic Alopecia Compared with Minoxidil(®), Finasteride(®), and Adult Stem Cell-Based Therapy

    Gentile P, Garcovich S · International Journal of Molecular Sciences · 2020 · Revue systématique

  3. 3.
    Autologous Platelet-Rich Plasma Treatment for Androgenic Alopecia: A Systematic Review and Meta-Analysis of Clinical Trials

    Papakonstantinou M et al. · Plastic and Reconstructive Surgery · 2023 · Méta-analyse

  4. 4.
  5. 5.
  6. 6.
  7. 7.
  8. 8.
    A Canadian Consensus on Androgenetic Alopecia: Approach and Management

    Landells I et al. · Journal of Cutaneous Medicine and Surgery · 2025 · Recommandation

  9. 9.
    Merkblatt nicht standardisierbare Arzneimittel (Stand 1. Juli 2024)

    Swissmedic · Swissmedic · 2024 · Source officielle

  10. 10.
    Anpassung Merkblatt nicht standardisierbare Arzneimittel

    Swissmedic · Swissmedic · 2024 · Source officielle

Rédaction

Rédaction Racine

Équipe éditoriale santé

Publié le 29 septembre 2026 · mis à jour le 29 septembre 2026

Relecture médicale

À compléter avant publication médicale définitive. Aucun professionnel n'a encore relu ce contenu ; nous ne l'affirmerons pas tant que ce n'est pas le cas.

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